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Fête de la conversion de saint Paul

Extrait d’une catéchèse de Benoit 16


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  • 25 janvier 2011
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Chers frères et sœurs,
La catéchèse d’aujourd’hui sera consacrée à l’expérience que saint Paul fit sur le chemin de Damas et donc sur ce que l’on appelle communément sa conversion.

Nous avons à ce propos deux types de sources.

Le premier type est constitué par des récits dus à la plume de Luc, qui à trois reprises raconte l’événement dans les Actes des Apôtres (cf. 9, 1-19 ; 22, 3-21 ; 26, 4-23).



1 - Le lecteur moyen est peut-être tenté de trop s’arrêter sur certains détails, comme la lumière du ciel, la chute à terre, la voix qui appelle, la nouvelle condition de cécité, la guérison….
Mais tous ces détails se réfèrent au centre de l’événement : le Christ ressuscité apparaît comme une lumière splendide et parle à Saul, il transforme sa pensée et sa vie elle-même. La splendeur du Ressuscité le rend aveugle : ...Paul est guéri de sa cécité intérieure, il voit bien.

Saint Paul a donc été transformé, non par une pensée, mais par un événement, par la présence irrésistible du Ressuscité, de laquelle il ne pourra jamais douter par la suite tant l’évidence de l’événement, de cette rencontre, avait été forte.
Elle changea fondamentalement la vie de Paul ; en ce sens on peut et on doit parler d’une conversion.



2- Le deuxième type de sources est constitué par les Lettres de saint Paul lui-même. Il n’a jamais parlé en détail de cet événement, je pense que c’est parce qu’il pouvait supposer que tous connaissaient l’essentiel de cette histoire.

Et cela avait eu lieu non à la suite d’une réflexion personnelle, mais d’un événement fort, d’une rencontre avec le Ressuscité. Bien que ne mentionnant pas de détails, il mentionne plusieurs fois ce fait très important, c’est-à-dire que lui aussi est témoin de la résurrection de Jésus, de laquelle il a reçu directement de Jésus lui-même la révélation, avec la mission d’apôtre.

Le texte le plus clair sur ce point se trouve dans son récit sur ce qui constitue le centre de l’histoire du salut : la mort et la résurrection de Jésus et les apparitions aux témoins (cf. 1 Co 15).

Avec les paroles de la très ancienne tradition, que lui aussi a reçues de l’Eglise de Jérusalem, il dit que Jésus mort crucifié, enseveli, ressuscité, apparut, après la résurrection, tous d’abord à Céphas, c’est-à-dire à Pierre, puis aux Douze, puis à cinq cents frères qui vivaient encore en grande partie à cette époque, puis à Jacques, puis à tous les Apôtres. Et à ce récit reçu de la tradition, il ajoute : « Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis » (1 Co 15, 8).
Il fait ainsi comprendre que cela est le fondement de son apostolat et de sa nouvelle vie.

Nous pouvons ainsi voir que les deux sources, les Actes des Apôtres et les Lettres de saint Paul, convergent et s’accordent sur un point fondamental : le Ressuscité a parlé à Paul, il l’a appelé à l’apostolat, il a fait de lui un véritable apôtre, témoin de la résurrection, avec la charge spécifique d’annoncer l’Evangile aux païens, au monde gréco-romain.

Et dans le même temps, Paul a appris que, malgré le caractère direct de sa relation avec le Ressuscité, il doit entrer dans la communion de l’Eglise, il doit se faire baptiser, il doit vivre en harmonie avec les autres apôtres. …
Comme on peut le voir, dans tous ces passages Paul n’interprète jamais ce moment comme un fait de conversion.
Pourquoi ? Il y a beaucoup d’hypothèses…ce ne fut pas le fruit de sa pensée, mais de la rencontre avec Jésus Christ.

En ce sens, ce ne fut pas simplement une conversion, une maturation de son « moi », mais ce fut une mort et une résurrection pour lui-même : il mourut à sa vie et naquit à une autre vie nouvelle avec le Christ ressuscité.



Si l’on en revient à présent à nous-mêmes, nous nous demandons : qu’est-ce que tout cela veut dire pour nous ? Cela veut dire que pour nous aussi le christianisme n’est pas une nouvelle philosophie ou une nouvelle morale.

Nous ne sommes chrétiens que si nous rencontrons le Christ.

Assurément, il ne se montre pas à nous de manière irrésistible, lumineuse, comme il l’a fait avec Paul pour en faire l’apôtre de toutes les nations.

Mais nous aussi nous pouvons rencontrer le Christ, dans la lecture de l’Ecriture Sainte, dans la prière, dans la vie liturgique de l’Eglise.
Nous pouvons toucher le cœur du Christ et sentir qu’il touche le nôtre.
C’est seulement dans cette relation personnelle avec le Christ, seulement dans cette rencontre avec le Ressuscité que nous devenons réellement chrétiens.
Et ainsi s’ouvre notre raison, s’ouvre toute la sagesse du Christ et toute la richesse de la vérité.

Prions donc le Seigneur de nous éclairer, de nous offrir dans notre monde de rencontrer sa présence : et qu’ainsi il nous donne une foi vivace, un cœur ouvert, une grande charité pour tous, capable de renouveler le monde.

Sources Carmel-asso.fr
¨Pour voir le texte en entier

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