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Le sabbat


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  • 30 octobre 2015
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A travers l’Evangile,
Jésus s’attaque très souvent aux deux racines du péché,
source de tant de désordres dans notre société :
la cupidité et un appétit démesuré de pouvoir et de puissance.

D’ailleurs,
l’Evangile est rempli de son opposition courageuse
face aux prétentions des gens en place,
qui tentent de mille manières de s’assujettir leurs semblables.
Rappelons-nous ses démélés avec les pharisiens,
les scribes, les docteurs de la Loi,
les sadducéens, les hérodiens...

Il le souligne à diverses reprises à ses contemporains,
on peut même se servir des traditions religieuses pour exercer un empire tyrannique
sur les âmes.

Jésus ne se gênera pas pour dénoncer cette imposture et libérer les coeurs.
Ses guérisons le jour du sabbat sont une provocation calculée
devant de tels abus de pouvoir :

"Le sabbat est fait pour l’homme mais non l’homme pour le sabbat".

Ne faisons pas de Jesus un anarchiste, ce serait ridicule.
Il est Roi et Il le sait.
Il est Seigneur et Maître.

"Vous m’appelez Maître et Seigneur et vous dites bien car Je le suis"

Il possède autorité et pouvoir.
Mais Il en use toujours au bénéfice des pécheurs,
des malades, des mal-aimés.
Son pouvoir est bénéfique.

Jésus connaît donc ce que représente le pouvoir :
un service dont malheureusement nous pouvons abuser
en le détournant à notre profit personnel.

Il a su éviter la griserie du pouvoir.
Le soir de la multiplication des pains, les siens ont voulu le faire roi,
mais Il a su calmer les foules, les renvoyer, forcer ses apôtres à embarquer,
et à traverses la mer, abandonnant ainsi leurs rêves de gloire.

Aussi,
lorsque les fils de Zébédée, Jacques et Jean, appuyés par leur mère,
viendront Lui demander les premières places dans son Royaume,
l’accueil sera-t-il assez frais :

"Vous ne savez pas ce que vous demandez"

Le Royaume de Dieu n’est pas une affaire de réussite humaine,
les introductions, les recommandations, rien de tout cela ne joue plus ici.
C’est le Père qui, dans son amour,
prédestine les hommes à cet amour insensé,
et les plus petits, les plus déshérités sont les préférés de son coeur.
Aussi n’exaucera-t-Il pas la demande de cette mère ambitieuse :

"Mais quant à être assis à ma droite et à ma gauche,
il ne m’appartient pas de l’accorder ;
c’est pour ceux à qui cela est destiné par mon Père"

Que ses fils ne se donnent donc pas à Lui pour les premières places,
car à ses yeux,
rien n’est plus ambigu que le pouvoir.
Par contre,
Il les engage sur la voie mystérieuse, choisie pour le Fils de l’homme,
la voie du service et de la souffrance acceptée :

"En effet,
le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi
mais pour servir et donner sa vie pour le salut d’une multitude"

Luc ajoute cette précision au texte de Marc :

"Il y eut aussi une rivalité parmi eux :
lequel d’entre eux pourrait passer pour le plus grand"

Nous connaissons cette comédie des "grands" dans le monde politique.
Les "grands" et ceux qui voudraient bien l’être.

Jésus à cette occasion va redire aux siens ce que Lui pense de cette fameuse grandeur et excellence personnelle.
Dans un geste amical, Il les rassemble près de Lui et leur parle :

"Les rois des nations s’en rendent les maîtres.
Leurs princes reçoivent le nom de "bienfaiteurs"

Je ne sais si ses apôtres ont perçu l’ironie impitoyable de ses paroles.
Il y a un humour noir à nous dire
que ceux qui pressurent les peuples en sont appelés "bienfaiteurs".

Jésus s’inscrit donc en faux contre la sagesse des malins.
Il livre alors aux siens ses principes d’action.
Ils vont à l’encontre de la loi du plus fort ;
à l’encontre de l’orgueil qui veut dominer, s’imposer, exploiter.

"Quant à vous,
n’agissez pas ainsi,
mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus jeune et
que le chef soit comme celui qui sert"

Face au pouvoir que l’on exerce, sa Sagesse à Lui c’est de servir les autres.
Il s’oppose donc à la mentalité courante, à toute manière de s’imposer.
Lui, le Fils, se fait le serviteur de tous.

"En effet, au milieu de vous, Je suis comme celui qui sert" .

Pour Lui, le pouvoir, avant tout,
crée des devoirs à celui qui le détient ou l’exerce.

Tout cela est si vrai pour nous,
au niveau de nos familles,
entre époux, entre enfants et parents ;

au niveau de nos relations sociales,
entre employés et employeurs ;
au niveau politique entre gouvernants et gouvernés.

Il n’y a pas de communauté chrétienne possible,
si nous ne demandons pas pardon à Dieu de cette attitude tyrannique
que nous adoptons trop souvent vis-à-vis de nos frères.

Prétention ridicule où notre moi se veut toujours premier et "roi-bienfaiteur".

Rappelons-nous l’humour du Seigneur,
laissons tomber notre "grandeur" et soyons simplement,
à son exemple, "celui qui sert".

Père Gabriel







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