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Les ouvriers de la vigne

Oui, heureusement pour nous, la parabole de Jésus nous le rappelle,
pour le Père tout est affaire d’amour, non de réussite humaine.


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  • Père Gabriel
  • 17 août 2016
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Jésus rappelle à ses apôtres et aux juifs
que c’est Dieu seul qui nous aide dans le domaine de la grâce,
que c’est Lui seul qui nous appelle à entrer dans le Royaume :

« Aux hommes, c’est impossible, mais à Dieu, non ; tout en effet est possible à Dieu »

Et enchaînant, Il ajoute :

« Et beaucoup passeront : les premiers, derniers ; les derniers, premiers »

Pour illustrer sa pensée et éclairer ses paroles un peu mystérieuses,
Jésus raconte la parabole des ouvriers envoyés à la vigne.
En clair,
il s’agit de Dieu et de son appel lancé à tous les hommes
depuis les débuts du monde jusqu’à nos jours.
Tous les hommes, de tous les temps, sont donc conviés à venir œuvrer
dans le Royaume des Cieux.

Mais cette parabole raconte et retrace, avant tout,
les appels successifs de Dieu dans l’histoire d’Israël.
C’est vraiment l’histoire de la montée du peuple de Dieu vers le Sauveur.

« Car le Royaume des Cieux est semblable à un maître de maison
qui sortit avec le jour afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.
S’étant mis d’accord avec les ouvriers sur un denier par jour,
Il les envoya à sa vigne. »

Ils se succédèrent aux différentes heures du jour, c’est-à-dire durant des siècles.

Tous seront donc payés, mais selon un barème d’amour
qui ne suit nullement la mathématique du SMIC, ou l’échelle des salaires.
D’ailleurs, le minimum vital offert est vraiment royal :
c’est la Vie Éternelle, accordée par le Père de famille.
Il n’y a pas lieu de se plaindre.
Mais… :

« Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant :
Appelle les ouvriers et distribue-leur le salaire,
en commençant par les derniers jusqu’aux premiers.
Et ceux de la onzième heure étant réunis, reçurent chacun un denier.
Quand les premiers vinrent,
ils pensèrent qu’ils recevraient davantage.
Et le prenant, ils murmuraient contre le maître de maison, disant :
les derniers ont travaillé une heure !
Et tu les as mis sur le même pied que nous qui avons supporté le poids du jour et la chaleur !

Mais lui, répondant, dit à l’un d’entre eux :
Ami, je ne te fais pas d’injustice ;
n’as-tu pas été d’accord avec moi sur une denier ?
Prends ce qui te revient et va-t-en.
Je veux donner à ce dernier autant qu’à toi !
Ne m’est-il pas permis de faire ce que je veux de mon bien ?
Ou bien as-tu l’œil mauvais
parce que je suis bon ? »

Le peuple choisi, les privilégiés de Dieu ne sont pas d’accord
pour voir d’autres peuples, venus si tard travailler à la vigne,
bénéficier des mêmes avantages qu’eux.

Jésus s’efforce de leur montrer qu’il n’y a pas à chercher de similitude
entre le domaine de la grâce et celui de la justice sociale.
L’amitié de Dieu est gratuite, absolument gratuite,
elle ne vient ni de notre travail ni de nos mérites.
Elle requiert seulement notre « oui » et la volonté de coopérer à l’œuvre divine en nous.

Mais il reste bien clair que dans le domaine de l’amitié avec Dieu,
ce n’est pas notre travail, qui, en fait, nous donne un droit quelconque.
Dieu n’a pas de compte à nous rendre.
Il n’est pas notre « patron ».

Le patron qui agirait ainsi nous révolterait. Ce serait normal.
Car entre nous, nous vivons dans une ordre de justice et de droits réciproques.
Ici, pour Jésus, il s’agit d’un ordre d’amour gratuit.

« Ne m’est-il pas permis de faire ce que je veux de mon bien ?
ou bien as-tu l’œil mauvais parce que je suis bon ? »

Cette vision de la gratuité de la grâce agace aussi l’homme technique,
devenu toujours plus efficace dans l’ordre naturel.
Elle choque son orgueil car, pour lui, seul celui qui réussit,
celui qui conquiert une place au soleil, mérite notre admiration.
Dieu ne juge pas ainsi.

« Ainsi, les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers.
Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus ».

Oui, heureusement pour nous,
la parabole de Jésus nous le rappelle,
pour le Père tout est affaire d’amour, non de réussite humaine.
Dans l’ordre de l’amour, le Fils travaille moins que le salarié et vit mieux.

« Ces derniers ont travaillé une heure !
Et tu les as mis sur le même pied que nous
qui avons supporté le poids du jour et la chaleur »

Père Gabriel







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