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Les talents

Les talents nous sont offerts. Nous avons l’Espérance du Royaume entre les mains si nous choisissons le Seigneur pour Roi.


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  • Père Gabriel
  • 16 novembre 2016
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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 19,11-28.

En ce temps-là, comme on l’écoutait, Jésus ajouta une parabole : il était près de Jérusalem et ses auditeurs pensaient que le royaume de Dieu allait se manifester à l’instant même.
Voici donc ce qu’il dit : « Un homme de la noblesse partit dans un pays lointain pour se faire donner la royauté et revenir ensuite.
Il appela dix de ses serviteurs, et remit à chacun une somme de la valeur d’une mine ; puis il leur dit : “Pendant mon voyage, faites de bonnes affaires.”
Mais ses concitoyens le détestaient, et ils envoyèrent derrière lui une délégation chargée de dire : “Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous.”
Quand il fut de retour après avoir reçu la royauté, il fit convoquer les serviteurs auxquels il avait remis l’argent, afin de savoir ce que leurs affaires avaient rapporté.
Le premier se présenta et dit : “Seigneur, la somme que tu m’avais remise a été multipliée par dix.”
Le roi lui déclara : “Très bien, bon serviteur ! Puisque tu as été fidèle en si peu de chose, reçois l’autorité sur dix villes.”
Le second vint dire : “La somme que tu m’avais remise, Seigneur, a été multipliée par cinq.”
À celui-là encore, le roi dit : “Toi, de même, sois à la tête de cinq villes.”
Le dernier vint dire : “Seigneur, voici la somme que tu m’avais remise ; je l’ai gardée enveloppée dans un linge.
En effet, j’avais peur de toi, car tu es un homme exigeant, tu retires ce que tu n’as pas mis en dépôt, tu moissonnes ce que tu n’as pas semé.”
Le roi lui déclara : “Je vais te juger sur tes paroles, serviteur mauvais : tu savais que je suis un homme exigeant, que je retire ce que je n’ai pas mis en dépôt, que je moissonne ce que je n’ai pas semé ;
alors pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? À mon arrivée, je l’aurais repris avec les intérêts.”
Et le roi dit à ceux qui étaient là : “Retirez-lui cette somme et donnez-la à celui qui a dix fois plus.”
On lui dit : “Seigneur, il a dix fois plus !
– Je vous le déclare : on donnera à celui qui a ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a.
Quant à mes ennemis, ceux qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi.” »
Après avoir ainsi parlé, Jésus partit en avant pour monter à Jérusalem.

Méditation de l’évangile du mercredi 16 novembre

Comme Jésus monte à nouveau vers Jérusalem (vers sa Passion, pour Lui, vers la Royauté, pensent beaucoup), la foule trépigne car elle croit pressentir le Règne de Dieu tout proche. Jésus leur raconte alors la parabole des mines et des talents pour détromper leur espérance terrestre, y soulignant cette opposition qui bientôt Le conduira à la croix :

"Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous." Ce sera le cri des princes des prêtres à Pilate : "Nous n’avons pas d’autre roi que César !"

Voilà donc ce que Jésus met dans la bouche de ses concitoyens, car c’est Lui, évidemment, le Roi qui part pour un pays lointain, le pays de son Père, et toute la parabole n’est que la prédiction de sa Passion, de sa mort, de sa Résurrection et de son lointain retour glorieux. Car Il reviendra. Mais va s’installer d’abord, après son départ, après sa mort, une longue période d’attente.

Non, le retour du Seigneur n’est pas pour demain et n’a rien à voir avec une royauté terrestre,immédiate, qui donnerait l’autonomie à Israël.

Le Royaume de Dieu est parmi nous bien sûr, mais tout autre. Il débute par une période de lutte, dont le Roi semble absent. Retourné près du Père, Il est invisible. C’est le temps de la Foi. Et pourtant, Il a donné ses consignes avant de partir :

"Ayant appelé dix serviteurs qu’il avait, il leur donna dix mines et leur dit : faites-les valoir jusqu’à ce que je revienne" Le mot de Jésus emprunté à la langue du négoce veut dire :
"Faites de bonnes affaires".

Les talents nous sont offerts. Nous avons l’Espérance du Royaume entre les mains. Mais seuls, ceux qui choisissent le Seigneur pour Roi, sans annexer pour eux-mêmes le pouvoir, seul, ceux qui ne capitalisent pas leurs talents, en les serrant dans le mouchoir de leur vie terrestre, entreront dans le Royaume des Cieux.

Il s’agit toujours de choisir les chemins difficiles de la liberté chrétienne. Ces chemins ne sont ni ceux du pouvoir ni ceux de la richesse, mais ceux du don de soi-même.

Dans l’ordre surnaturel et du Royaume, notre faible activité humaine, appuyée sur l’amour envers ce Roi lointain, et sur la confiance sans faille de son retour, cette activité se voit comblée par la réponse royale :

"Au lieu de dix mines gagnées, voici dix villes à gouverner".

Notre train-train quotidien sera transformé en gloire éternelle, si nous avons su rester fidèle au roi lointain, dans la foi :

"Un homme de noble origine s’en alla vers un pays lointain, dans le dessein de recevoir la royauté et de revenir"

Mais celui qui refusera l’amour dans le quotidien perdra irrémédiablement tout car non seulement la seule récompense valable, la vision de Dieu lui échappera, mais il maudira cette vie terrestre vide et mal employée. La phrase de Jésus, dans sa forme passive, indique la stupeur de celui qui réalise brusquement le vide de sa vie et voit que l’essentiel, par sa faute, lui file entre les doigts.

"Je vous le dis : à quiconque possède, on donnera ; mais à qui n’a rien, on enlèvera même ce qu’il a..."

Je trouve d’ailleurs mal traduite la phrase : "Mais à qui n’a rien, on enlèvera même ce qu’il a".

Dieu apparaît, dans le texte français, comme un tyran sadique qui se réjouit de ruiner encore davantage le malheureux à qui échappe la Vie Eternelle. Mais le sens est tout autre dans le texte originel de Jésus : le passif "est enlevé" ne s’applique pas à Dieu, mais à celui qui, dans un retour sur lui-même se rend bien compte que "lui est enlevé", même la consolation du bonheur terrestre qu’il croyait posséder.

En effet, les plaisirs, les biens, le pouvoir, tout cela n’est vraiment rien que du vent face à la Vie Eternelle qui lui échappe de par sa propre faute.

Et cela, il ne le voit que trop clairement.

Père Gabriel







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