Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié; Il est ressuscité Marc 16,6

Les préparatifs de la Pâque

Méditation de l’évangile du dimanche 5 avril

Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : “Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples”  

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 27,11-54

L. On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur,
qui l’interrogea :
A. « Es-tu le roi des Juifs ? »
L. Jésus déclara :
X.  « C’est toi-même qui le dis. »
L. Mais, tandis que les grands prêtres et les anciens l’accusaient,
il ne répondit rien.
Alors Pilate lui dit :
A. « Tu n’entends pas tous les témoignages portés contre toi ? »
L. Mais Jésus ne lui répondit plus un mot,
si bien que le gouverneur fut très étonné.
Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier,
celui que la foule demandait.
Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas.
Les foules s’étant donc rassemblées,
Pilate leur dit :
A. « Qui voulez-vous que je vous relâche :
Barabbas ? ou Jésus, appelé le Christ ? »
L. Il savait en effet que c’était par jalousie qu’on avait livré Jésus.
Tandis qu’il siégeait au tribunal,
sa femme lui fit dire :
A. « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste,
car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. »
L. Les grands prêtres et les anciens poussèrent les foules
à réclamer Barabbas
et à faire périr Jésus.
Le gouverneur reprit :
A. « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? »
L. Ils répondirent :
F. « Barabbas ! »
L. Pilate leur dit :
A. « Que ferai-je donc de Jésus
appelé le Christ ? »
L. Ils répondirent tous :
F. « Qu’il soit crucifié ! »
L. Pilate demanda :
A. « Quel mal a-t-il donc fait ? »
L. Ils criaient encore plus fort :
F. « Qu’il soit crucifié ! »
L. Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien,
sinon à augmenter le tumulte,
prit de l’eau et se lava les mains devant la foule,
en disant :
A. « Je suis innocent du sang de cet homme :
cela vous regarde ! »
L. Tout le peuple répondit :
F. « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! »
L. Alors, il leur relâcha Barabbas ;
quant à Jésus, il le fit flageller,
et il le livra pour qu’il soit crucifié.

Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans la salle du Prétoire
et rassemblèrent autour de lui toute la garde.
Ils lui enlevèrent ses vêtements
et le couvrirent d’un manteau rouge.
Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne,
et la posèrent sur sa tête ;
ils lui mirent un roseau dans la main droite
et, pour se moquer de lui, ils s’agenouillaient devant lui en disant :
F. « Salut, roi des Juifs ! »
L. Et, après avoir craché sur lui, ils prirent le roseau,
et ils le frappaient à la tête.
Quand ils se furent bien moqués de lui,
ils lui enlevèrent le manteau,
lui remirent ses vêtements,
et l’emmenèrent pour le crucifier.

En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène,
et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix de Jésus.
Arrivés en un lieu dit Golgotha,
c’est-à-dire : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire),
ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ;
il en goûta, mais ne voulut pas boire.
Après l’avoir crucifié,
ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ;
et ils restaient là, assis, à le garder.
Au-dessus de sa tête
ils placèrent une inscription indiquant le motif de sa condamnation :
« Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. »
Alors on crucifia avec lui deux bandits,
l’un à droite et l’autre à gauche.
Les passants l’injuriaient en hochant la tête ;
ils disaient :
F. « Toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu,
et descends de la croix ! »
L. De même, les grands prêtres se moquaient de lui
avec les scribes et les anciens, en disant :
A. « Il en a sauvé d’autres,
et il ne peut pas se sauver lui-même !
Il est roi d’Israël :
qu’il descende maintenant de la croix,
et nous croirons en lui !
Il a mis sa confiance en Dieu.
Que Dieu le délivre maintenant,
s’il l’aime !
Car il a dit :
‘Je suis Fils de Dieu.’ »
L. Les bandits crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière.

À partir de la sixième heure (c’est-à-dire : midi),
l’obscurité se fit sur toute la terre
jusqu’à la neuvième heure.
Vers la neuvième heure,
Jésus cria d’une voix forte :
X.  « Éli, Éli, lema sabactani ? »,
L. ce qui veut dire :
X.  « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
L. L’ayant entendu,
quelques-uns de ceux qui étaient là disaient :
F. « Le voilà qui appelle le prophète Élie ! »
L. Aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge
qu’il trempa dans une boisson vinaigrée ;
il la mit au bout d’un roseau,
et il lui donnait à boire.
Les autres disaient :
F. « Attends !
Nous verrons bien si Élie vient le sauver. »
L. Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri,
rendit l’esprit.

(Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant)

Et voici que le rideau du Sanctuaire se déchira en deux,
depuis le haut jusqu’en bas ;
la terre trembla et les rochers se fendirent.
Les tombeaux s’ouvrirent ;
les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent,
et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus,
ils entrèrent dans la Ville sainte,
et se montrèrent à un grand nombre de gens.
À la vue du tremblement de terre et de ces événements,
le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus,
furent saisis d’une grande crainte et dirent :
A. « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! »

Méditation de l’évangile du dimanche 5 avril

“Et le maître de la maison vous montrera une chambre à l’étage, grande, munie de tapis, toute prête, et c’est là que vous ferez les préparatifs de la pâque pour nous”

Dans la préparation de la cène, on perçoit l’amitié profonde qui unissait Jésus et les Douze. Il veut d’abord préserver l’intimité de cette fête où il va leur révéler un amour insensé dans la fraction du pain.

Dieu ne pouvait aller plus loin : son corps livré, son sang versé ! Mais Jésus savait que Judas rôdait. Il fallait donc qu’il ignore le lieu de cette fête du coeur, afin que nul ne vienne troubler la plus grande fête de l’amitié inventée par Dieu.

Jésus se montre extraordinaire. Devant Judas, Il indique où la fête va se dérouler, mais le code en est si secret que l’Iscariote ne saura rien. Seuls Pierre et Jean sont invités à suivre l’homme à la cruche…

Se sachant trahi et suivi, Il organise avec le plus grand calme ce repas fantastique d’adieux. Il s’arrange pour que Judas ne puisse agir que lorsque Lui le voudra. C’est Lui-même qui livre son âme et personne ne peut la lui ravir.

J’aime aussi cette préoccupation du Seigneur qui veut que la fête de la nouvelle pâque trouve un cadre digne du mystère de l’amitié entre Dieu et l’homme.

Nos églises sont belles. Ce n’est pas un souci de richesse ou de triomphalisme qui doit présider à leur construction, mais la volonté de créer des lieux beaux, vastes et pourtant intimes où nous retrouverons, à notre tour, ce que Jésus a voulu vivre avec les siens, en cette nuit unique de l’amitié offerte d’un Dieu.

A chaque messe, Jésus y ouvre le chemin de toute mort acceptée : “Père, que ta volonté soit faite et non la mienne”. Chemin ouvert vers la résurrection. Jésus nous ouvre alors la porte sur la vie, la vie même de Dieu, dans le partage du pain et du vin, mystérieusement devenus son corps livré, son sang versé, nourriture de la vie éternelle et pain descendu du ciel.

Aussi, supprimer les églises au nom d’une religion en esprit et en vérité me semble en contradiction avec tout ce qu’a vécu Jésus avec les siens. Le lieu n’est pas l’essentiel, mais le Seigneur a retrouvé ses amis au banquet de l’amitié dans la vaste salle qu’Il avait choisie.

“Il vous montrera une chambre à l’étage, grande, munie de tapis, toute prête. Et c’est là que vous ferez les préparatifs de la pâque pour nous”

Père Gabriel