Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié; Il est ressuscité Marc 16,6

Charité

c’est tout simple avec Thérèse

 

La vie communautaire et fraternelle. La Charité

 

La communauté du Carmel de Lisieux à l’époque de Thérèse comprenait environ une vingtaine de sœurs et 5 novices. Et comme dit Pierre Goursat : la vie y est monotone dans la grisaille de chaque jour dans un carmel où il fait froid, qui est laid, où il y a des petites sœurs qui sont plus ou moins réussies ; ce n’était pas drôle vous savez

Thérèse y a exercé de nombreux emplois ménagers sous la direction de sœurs différentes : lingerie, ménage du dortoir et du réfectoire, mise de l’eau et de la bière pour les repas, sacristie etc.…
Comme elle était un peu lente, elle était accusée de négligence de la part de ses sœurs en religion et de sa sœur mère Agnès…

Dans ses travaux, elle devait parfois se faire violence, par exemple pour enlever les toiles d’araignée du trou noir de la statue de saint Alexis…

Voilà la vie communautaire de Thérèse et voici ses témoignages très éclairant pour notre vie fraternelle.

 

> J’ai remarqué que les sœurs les plus saintes sont les plus aimées, on recherche leur conversation, on leur rend des services sans qu’elles le demandent, enfin ces âmes se voient entourées de l’affection de toutes.

 

Les âmes imparfaites au contraire, ne sont point recherchées, sans doute on se tient à leur égard dans les bornes de la politesse religieuse, mais craignant peut-être de leur dire quelques paroles peu aimables, on évite leur compagnie.

En disant les âmes imparfaites, je ne veux pas seulement parler des imperfections spirituelles, je veux parler du manque de jugement, d’éducation, de la susceptibilité de certains caractères, toutes choses qui ne rendent pas la vie très agréable.

Je sais bien que ces infirmités morales sont chroniques, il n’y a pas d’espoir de guérison…

Voici la conclusion que j’en tire : Rechercher en récréation, la compagnie des sœurs qui me sont le moins agréables, remplir près de ces âmes blessées l’office du bon Samaritain.

Une parole, un sourire aimable, suffisent souvent pour épanouir une âme triste. 

 

 

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> Je me souviens d’un acte de charité que le Bon Dieu m’inspira de faire étant encore novice :

 

Il fallait qu’une sœur se dérange pour conduire Sœur Saint Pierre au réfectoire…Cela me coûtait beaucoup… Je ne voulais pas manquer une si belle occasion d’exercer la charité… je m’offris donc bien humblement pour la conduire…  Il s’agissait de suivre la pauvre infirme en la soutenant par sa ceinture…la faire asseoir…et après avoir coupé son pain, je lui faisais avant de m’en aller mon plus beau sourire.

 

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> Une autre fois, j’étais au lavage devant une sœur qui me lançait de l’eau sale à la figure à chaque fois qu’elle soulevait les mouchoirs sur son banc ; mon premier mouvement fut de me reculer en m’essuyant la figure, afin de montrer à la sœur qui m’aspergeait qu’elle me rendrait service en se tenant tranquille, mais aussitôt je pensai que j’étais bien sotte de refuser des trésors qui m’étaient donnés si généreusement et je me gardai bien de faire paraître mon combat.

Je fis tous mes efforts pour désirer de recevoir beaucoup d’eau sale, de sorte qu’à la fin j’avais vraiment pris goût à ce nouveau genre d’aspersion et je me promis de revenir une autre fois à cette heureuse place où l’on recevait tant de trésors.

 

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Et encore :

 

> Il se trouve dans la communauté une sœur qui a le talent de me déplaire en toutes choses, ses manières, ses paroles, son caractère me semblaient très désagréables.

 

Aussi, ne voulant pas céder à l’antipathie naturelle que j’éprouvais, je me suis dit que la charité ne devait pas consister dans les sentiments, mais dans les œuvres ; alors [14r°] je me suis appliquée à faire pour cette sœur ce que j’aurais fait pour la personne que j’aime le plus.

A chaque fois que je la rencontrais je priais le bon Dieu pour elle, Lui offrant toutes ses vertus et ses mérites. Je sentais bien que cela faisait plaisir à Jésus,

Je ne me contentais pas de prier beaucoup pour la sœur qui me donnait tant de combats, je tâchais de lui rendre tous les services possibles et quand j’avais la tentation de lui répondre d’une façon désagréable, je me contentais de lui faire mon plus aimable sourire et je tâchais de détourner la conversation,

Souvent aussi, lorsque je n’étais pas à la récréation (je veux dire pendant les heures de travail), ayant quelques rapports d’emploi avec cette sœur, lorsque mes combats étaient trop violents, je m’enfuyais comme un déserteur.

Un jour à la récréation, elle me dit à peu près ces paroles d’un air très content :

« Voudriez-vous me dire, ma Sœur Thérèse de l’Enf. Jésus, ce qui vous attire tant vers moi, à chaque fois que vous me regardez, je vous vois sourire ? » Ah ! ce qui m’attirait, c’était Jésus caché au fond de son âme… Jésus qui rend doux ce qu’il y a de plus amer…

Je lui répondis que je souriais parce que j’étais contente de la voir (bien entendu je n’ajoutai pas que c’était au point de vue spirituel).

 

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  • Mère bien-aimée, vous voyez que je suis une très petite âme qui ne peut offrir au bon Dieu que de très petites choses, encore m’arrive-t-il souvent de laisser échapper de ces petits sacrifices qui donnent tant de paix à l’âme ; cela ne me décourage pas, je supporte d’avoir un peu moins de paix et je tâche d’être plus vigilante une autre fois.

 

  • Oui je le sens, lorsque je suis charitable, c’est Jésus seul qui agit en moi; plus je suis unie à Lui, plus aussi j’aime toutes mes sœurs.