Méditation de l’Évangile du lundi 19 janvier
Ce passage s’adresse en premier aux apôtres. La présence de Jésus, la vie, le dynamisme de son équipe, toujours par monts et par vaux, leur enlèvent toute pensée de jeûne et de pénitence. Mais Jésus les avertit, Lui parti, ils auront leurs jours de jeûne.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 2, 18-22
Un jour de sabbat,
Jésus marchait à travers les champs de blé ;
et ses disciples, chemin faisant,
se mirent à arracher des épis.
Les pharisiens lui disaient :
« Regarde ce qu’ils font le jour du sabbat !
Cela n’est pas permis. »
Et Jésus leur dit :
« N’avez-vous jamais lu ce que fit David,
lorsqu’il fut dans le besoin et qu’il eut faim,
lui-même et ceux qui l’accompagnaient ?
Au temps du grand prêtre Abiatar,
il entra dans la maison de Dieu
et mangea les pains de l’offrande
que nul n’a le droit de manger, sinon les prêtres,
et il en donna aussi à ceux qui l’accompagnaient. »
Il leur disait encore :
« Le sabbat a été fait pour l’homme,
et non pas l’homme pour le sabbat.
Voilà pourquoi le Fils de l’homme
est maître, même du sabbat. »

Méditation de l’Évangile du 19 janvier
« Mais les scribes et les pharisiens lui dirent : Les disciples de Jean jeûnent fréquemment et font des prières, et de même ceux des pharisiens, tandis que les tiens mangent et boivent ! »
L’humour de Jésus leur répond que sa présence n’a rien de triste et que lui présent, ses amis ne peuvent vraiment pas jeûner.
« Et Jésus leur dit : Pouvez-vous faire jeûner les garçons de noce pendant que l’époux est avec eux ? Des jours viendront… et après que l’époux leur aura été enlevé, alors ils jeûneront dans ces jours-là »
S’il ose se donner le titre mystérieux « d’époux », c’est qu’Il a « épousé » la nature humaine pour devenir ainsi l’ami par excellence de tout homme. En Lui, l’homme s’unit à la divinité comme l’épouse à son époux.
Jésus ne critique pas le jeûne des disciples de Jean et des pharisiens mais il montre vis-à-vis de ces observances, bien souvent ambigües dans leur motivation, une grande liberté d’esprit. Pour les siens, Il préfèrent l’atmosphère d’amitié qui lui rappelle la joie d’une noce, à des pénitences spectaculaires. L’intimité avec le Christ, la liberté des relations entre Lui et les siens lui semblent bien plus valables que la tristesse stérile et orgueilleuse de la pénitence.
Ce passage s’adresse en premier aux apôtres. La présence de Jésus, la vie, le dynamisme de son équipe, toujours par monts et par vaux, leur enlèvent toute pensée de jeûne et de pénitence. Mais Jésus les avertit, Lui parti, ils auront leurs jours de jeûne.
Car dans la vie spirituelle, dans notre vie d’union avec Dieu, il y a aussi des jours sombres où le Seigneur s’éclipse, et où il nous faut jeûner…L’époux ne reste pas toujours près de nous, mais la qualité de l’amour se mesure à la fidélité de l’épouse durant l’absence de l’époux.
C’est là, aux heures de séparations que le Seigneur nous attend. Aussi notre vie spirituelle comprend-elle toujours cette alternance de présence et d’absence.
Il n’y a pas à s’étonner non plus du fol enthousiasme et de la joie provocante des nouveaux convertis; pour un temps, ils sont les garçons d’honneur de l’éternelle noce du Fils de l’homme.
L’image du vin nouveau est tout autant suggestive du dynamisme de sa doctrine et de la joie puissante qu’elle nous apporte.
« Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; car autrement, le vin nouveau romprait les outres et se répandrait, tandis que les outres seraient perdues. Mais il faut mettre vin nouveau en outres neuves »
Il y avait aussi beaucoup d’humour à comparer les pharisiens et leurs scribes à de vieilles outres, incapables de recevoir le vin nouveau de la Bonne Nouvelle. Habitués qu’ils sont au vin vieux, ils ne peuvent goûter le nouveau.
« Et personne, pendant qu’il boit du vin vieux, ne veut du nouveau, car il dit : le vieux est bon ! »
Jésus n’imite pas, ne calque pas, n’emprunte pas. Sa doctrine si originale se développera avec tant de vitalité qu’elle ne tolérera pas de mélanges. Elle va bouillonner comme le vin nouveau dans des outres neuves. Mais le faux mosaïsme des pharisiens ne peut recevoir cette jeune sève. Ces pauvres gens sont rétrécis, figés dans leurs traditions, alors que la doctrine du Christ est toute de vie, de joie et d’épanouissement.
Ses apôtres, ses garçons d’honneur sont les boute-en-train des noces du Royaume.
« Personne ne met du vin nouveau dans les vieilles outres ; autrement, le vin rompra les outres, et le vin sera perdu, aussi bien que les outres ; mais, vin nouveau en outres neuves ! »
Dans l’image de la pièce neuve, rapportée sur un vieux vêtement, en lisant ce même verset dans les trois évangiles synoptiques, j’ai l’impression que deux des témoins ont rapporté, en gros, l’exemple du Seigneur, mais que Luc, lui, rapporte la comparaison du Seigneur dans toute sa fraîcheur. La femme qui écoutait et qui lui a transmis la scène n’a pas tronqué l’histoire. Elle avait nom Marie.
« On ne déchire pas un habit neuf pour réparer un vieux » Les deux autres témoins ne parlent que « de pièces neuves sur un vieil habit »
Père Gabriel
