Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié; Il est ressuscité Marc 16,6

Seconde multiplication des pains

Méditation de l’évangile du mercredi 5 décembre

Jésus oblige les apôtres à sortir leurs provisions, et c’est avec leurs pains et leurs poissons, librement donnés, que la foule va être nourrie. Donner son propre casse-croûte, son propre dîner pour nourrir les autres, quelles perspectives cela n’ouvre-t-il pas à notre participation active au salut,  dans le domaine de la vie spirituelle et sociale.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 15,29-37.

En ce temps-là, Jésus partit de là et arriva près de la mer de Galilée. Il gravit la montagne et là, il s’assit. De grandes foules s’approchèrent de lui, avec des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets, et beaucoup d’autres encore ; on les déposa à ses pieds et il les guérit.
Alors la foule était dans l’admiration en voyant des muets qui parlaient, des estropiés rétablis, des boiteux qui marchaient, des aveugles qui voyaient ; et ils rendirent gloire au Dieu d’Israël.
Jésus appela ses disciples et leur dit : « Je suis saisi de compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi, et n’ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, ils pourraient défaillir en chemin. »
Les disciples lui disent : « Où trouverons-nous dans un désert assez de pain pour rassasier une telle foule ? »
Jésus leur demanda : « Combien de pains avez-vous ? » Ils dirent : « Sept, et quelques petits poissons. »
Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre.
Il prit les sept pains et les poissons ; rendant grâce, il les rompit, et il les donnait aux disciples, et les disciples aux foules.
Tous mangèrent et furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait sept corbeilles pleines.

Méditation de l’évangile du mercredi 5 décembre

Dans la scène de la seconde multiplication des pains, Jésus, devant ces gens qui depuis trois jours sont avec Lui, pratiquement sans rien manger, dit :

“J’ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours ! Ils restent auprès de Moi et n’ont pas de quoi manger. Et si Je les renvoie à jeun chez eux, ils vont défaillir en route, et quelques-uns d’entre eux sont de loin !”

Jésus donc, en parlant ainsi, provoque ses disciples à l’action. Il va agir. Mais Il n’agira pas sans l’homme. Ce sont eux qui, avec Lui, agiront.

“Et Il leur demandait : combien avez-vous de pains ? Ils répondirent : sept” 

Il les oblige à sortir leurs provisions, et c’est avec leurs pains et leurs poissons, librement donnés, Il les oblige à sortir leurs provisions, et c’est avec leurs pains et leurs poissons, librement donnés que la foule va être nourrie. Ce seront eux qui distribueront cette nourriture aux hommes affamés. Le symbole était clair. Rien, dans l’ordre du salut, ne se fera sans ce travail commun entre l’homme libre et Dieu.

“Et Il ordonne à la foule de se coucher à terre. Et prenant les sept pains et rendant grâces, Il les rompit. Et Il les donna à ses disciples pour qu’ils les servissent à la foule. Et ils avaient quelques petits poissons; et Il les bénit et dit de les servir aussi” .

Elle fut efficace cette action en tandem avec le Seigneur : “Et ils mangèrent et furent rassasiés. Et l’on emporta sept corbeilles des morceaux qui restaient” .

L’homme qu’Il vient sauver est un être libre qui doit participer pleinement au salut. Ce salut vient du partage de nos propres biens matériels et spirituels en union avec le Seigneur Jésus. Donner son propre casse-croûte, son propre dîner pour nourrir les autres, quelles perspectives cela n’ouvre-t-il pas à notre participation active au salut, aussi bien dans le domaine de la vie spirituelle que dans le domaine de la vie sociale.

Et pourtant, au soir de la seconde multiplication des pains, Il ne laisse pas aux siens le soin de renvoyer la foule. C’est à ce moment-là, sans doute, qu’Il entre le mieux en contact avec les gens qu’Il a touchés, et qu’Il console tant de malheureux qui se pressent autour de Lui. Mais surtout, Il se souvient de la première multiplication des pains. Il veut à tout prix éviter que ses disciples n’exploitent le miracle à des fins politiques.

C’est donc Lui qui, personnellement, renvoie les gens et évite tout mouvement populaire qui pourrait inquiéter les grands prêtres, Hérode ou les Romains. Et, encore plus profondément, Jésus fuit le pouvoir temporel, dont Il connaît l’ambiguïté et la tristesse…

“Or ils étaient environ quatre mille. Et Il les congédia. Et montant aussitôt dans la barque avec ses disciples, Il vint dans la région de Dalmanoutha”

Père Gabriel