Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié; Il est ressuscité Marc 16,6

La première multiplication des pains

 Méditation de l’Evangile du mardi 8 janvier

Ce qui l’émeut et le bouleverse, ce n’est pas tant leur fatigue physique que cette démission qu’Il n’admet jamais chez l’homme. Car Il décèle chez eux comme une lassitude de ne trouver personne à qui se confier, personne pour les enseigner : “Ils étaient comme des brebis sans pasteur”.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6, 34-44.


En ce temps-là, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.
Déjà l’heure était avancée ; s’étant approchés de lui, ses disciples disaient : « L’endroit est désert et déjà l’heure est tardive.
Renvoie-les : qu’ils aillent dans les campagnes et les villages des environs s’acheter de quoi manger. »
Il leur répondit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répliquent : « Irons-nous dépenser le salaire de deux cents journées pour acheter des pains et leur donner à manger ? »
Jésus leur demande : « Combien de pains avez-vous ? Allez voir. » S’étant informés, ils lui disent : « Cinq, et deux poissons. »
Il leur ordonna de les faire tous asseoir par groupes sur l’herbe verte.
Ils se disposèrent par carrés de cent et de cinquante.
Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction et rompit les pains ; il les donnait aux disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. Il partagea aussi les deux poissons entre eux tous.
Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés.
Et l’on ramassa les morceaux de pain qui restaient, de quoi remplir douze paniers, ainsi que les restes des poissons.
Ceux qui avaient mangé les pains étaient au nombre de cinq mille hommes

Méditation de l’Evangile du mardi 8 janvier

Jésus, fuyant Hérode ou voulant tout simplement s’écarter un peu pour parler tranquillement avec les siens, peut difficilement échapper aux foules qu’Il a conquises. Sa parole a soulevé un tel enthousiasme que les foules se lancent à sa poursuite, à pied, de toutes les cités des bords du lac, pour aller le relancer jusque dans le désert.

“A la nouvelle de la mort de Jean-Baptiste, Jésus s’éloigne du lieu où Il était, s’embarque pour se retirer dans un lieu désert, à l’écart. Et les foules l’ayant appris le suivirent, à pied, venant des villes”

Et Marc de préciser et de bien remarquer que tous ces gens courent après Lui :

“Et on les vit s’en aller, et plusieurs comprirent où ils allaient. Et ils y accoururent par terre, de toutes les villes, et ils les devancèrent. Et, en sortant de la barque, Il vit une foule nombreuse. Et Il en eut pitié, parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont pas de berger, et Il se mit à les instruire longuement”.

C’est bien Lui ! Il s’échappe un moment avec les Douze, de retour de leur course apostolique. Il s’était réfugié dans un endroit bien tranquille et désert, Bethsaïde. Du moins, le croyait-Il. Devant la foule qui le poursuit et qu’Il voit si abandonnée dans le domaine spirituel, adieu le repos : et Il les reçoit; Il les enseigne; Il leur parle du Royaume de Dieu; Il les guérit et les captive à tel point que le soir tombe qu’ils sont toujours là, dans ce lieu désert. Ce sera l’occasion de la première multiplication des pains.

“Or, comme le jour commençait à baisser, les Douze s’approchèrent et Lui dirent : congédie la foule afin qu’ils aillent dans les bourgs et les hameaux des environs, pour trouver un gîte et de la nourriture… “

Ce qui l’émeut et le bouleverse, ce n’est pas tant leur fatigue physique que cette démission qu’Il n’admet jamais chez l’homme. Car Il décèle chez eux comme une lassitude de ne trouver personne à qui se confier, personne pour les enseigner : “Ils étaient comme des brebis sans pasteur”.

Jésus ne peut voir la souffrance physique sans guérir; Il ne peut voir la misère morale sans enseigner. Les hommes restent là, avachis, couchés comme des bestiaux, dans un état de laisser-aller et de passivité, s’ils ne sont pas secoués par l’enseignement de Jésus. Tout l’enseignement de Jésus est dans ce sens de l’effort et de l’homme debout.

Car “l’homme aux impératifs” nous entraîne toujours sur des chemins où il nous faut dire “non” à nos désirs excessifs ou instinctifs.

“Si ton oeil te scandalise… Si tu regardes une femme au point de la désirer…Va, vends tous tes biens… Laisse-là tes filets… Lève-toi, suis-Moi…Va, ne pèche plus…Procurez-vous, non la nourriture périssable, mais la nourriture qui demeure pour la vie éternelle…”

Père Gabriel