Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié; Il est ressuscité Marc 16,6

Qui sont mes frères ?

Méditation de l’Évangile du samedi 8 octobre

Le Royaume de Dieu est ainsi offert, non pas simplement aux intimes du Seigneur, mais à tous ceux qui, avec courage, se contentent de faire la volonté de Dieu dans le terrible quotidien. Jésus manifeste ici, comme toujours, une entière liberté d’esprit et d’action vis-à-vis de sa famille terrestre. Ce qui compte avant tout pour Lui, c’est de se conduire en Fils de Dieu, en se conformant à la volonté du Père.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11, 27-28

En ce temps-là,
comme Jésus était en train de parler,
une femme éleva la voix au milieu de la foule
pour lui dire :
« Heureuse la mère qui t’a porté en elle,
et dont les seins t’ont nourri ! »
Alors Jésus lui déclara :
« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu,
et qui la gardent ! »

Méditation de l’Évangile du samedi 8 octobre

Marc nous décrit une scène étonnante. Jésus est rentré dans la maison de son ami Pierre, à Capharnaüm. Ce ne sera guère du repos, Il sait bien qu’annoncer la Bonne Nouvelle est avant tout une affaire de contact. Et revenu à la maison, Il ne s’abandonne pas au confort de son intérieur. La foule le relance aussitôt, et Il ne prend même pas le temps d’avaler une bouchée de pain.

« Et ils viennent à la maison, et la foule s’y assemble de nouveau, de sorte qu’ils ne pouvaient même pas prendre de nourriture, Lui et ses apôtres » (Mc III,20).

 Il se néglige au point de paraître complètement fou aux yeux de sa parenté.

« Et les siens l’ayant appris, sortirent pour se saisir de Lui. Car on disait : Il est hors de Lui. Et sa mère et ses frères arrivent. Et se tenant dehors, ils l’envoyèrent demander.

 Et la foule était assise autour de Lui. Et on lui dit : Voici dehors ta mère et tes frères qui te cherchent>> (Mc III, 31-32).

 Ce qui est étonnant de vie, c’est ce double mouvement, et de la foule qui enserre Jésus, et des parents agacés, qui veulent le rejoindre. C’est aussi cette maison de Pierre, si bien décrite, je la vois bondée par une foule qui adore entendre Sa Parole. Ils sont tous là, en cercle, autour de Lui, tout ouïe, tout oreille.

Je les imagine, tassés comme harengs en caque, dans la petite cour intérieure de la demeure de Pierre, et Jésus qui promène sur eux son regard et leur donne l’étonnante réponse qui bouleverse à jamais les rapports entre Dieu et nous : « Et répondant, Il dit : Qui est ma mère et qui sont mes frères ? »

Et jetant un regard sur ceux qui étaient en cercle autour de lui, Il dit: « Voici ma mère et mes frères. Quiconque fait la volonté de Dieu,  celui-là est mon frère et ma sœur et ma mère! » (Mc III, 33-35).

 Nous sommes un peu choqués à première vue par l’affirmation de Jésus : « Qui est ma mère et qui sont mes frères ? »

« Et, étendant sa main sur ses disciples, Il dit : voici ma mère et mes frères. Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, c’est lui qui est mon frère et ma sœur et ma mère! » (Mt XII, 48-50 ).

 Nous sommes choqués à cause de la Vierge Marie. Mais, en fait, qui mieux qu’elle a su écouter la parole de Dieu et la mettre en pratique ! Luc, d’ailleurs, nous apporte une notation précieuse qui nous rappelle l’ Annonciation:

« Ma Mère et mes frères sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique» (Le VIII, 21).

 N’est-ce pas ce qui s’est accompli à la lettre en Marie? Rappelons- nous le message de l’ange :

« Or Marie dit : Voici la servante du Seigneur : qu’il me soit fait selon ta Parole » (Lc I, 38).

 Le Royaume de Dieu est ainsi offert, non pas simplement aux intimes du Seigneur, mais à tous ceux qui, avec courage, se contentent de faire la volonté de Dieu dans le terrible quotidien. Jésus manifeste ici, comme toujours, une entière liberté d’esprit et d’action vis-à-vis de sa famille terrestre. Ce qui compte avant tout pour Lui, c’est de se conduire en Fils de Dieu, en se conformant à la volonté du Père.

Oui, Dieu est un Père, mais seule la foi nous permet ( et non les belles paroles) d’entrer dans le mystère de la vie humaine et d’en accepter l’apparente fatalité destructive. Car, que dire devant un cancer, un deuil brutal, une fatalité écrasante, comme la destruction de notre amour humain, conjugal ou familial ?

C’est pourtant là, au cœur de notre mystère, que Jésus affirme être notre frère.

Père Gabriel