Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié; Il est ressuscité Marc 16,6

Sur le chemin d’Emmaüs : L’incrédulité des disciples

Méditation de l’évangile du samedi 27 avril

Avec Lui, les Ecritures s’ouvrent sur la grande espérance de l’homme. Encore une fois, Dieu ne nous sauve pas d’une manière magique. Il nous crée mortels et fragiles, mais Il nous rejoint en Jésus dans la souffrance de notre condition. Jésus vit ce que nous vivons en acceptant ce que le Père a voulu pour nous, en son amour, dans la création. Chemin de sa propre gloire et de la nôtre, dans sa résurrection.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 16,9-15.


Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d’abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons.
Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s’affligeaient et pleuraient.
Quand ils entendirent que Jésus était vivant et qu’elle l’avait vu, ils refusèrent de croire.
Après cela, il se manifesta sous un autre aspect à deux d’entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne.
Ceux-ci revinrent l’annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus.
Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table : il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient contemplé ressuscité.
Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. »

Méditation de l’évangile du samedi 27 avril

Jésus rejoint Cléophas et son compagnon qui devisent, tout tristes, sur les événements de la mort tragique du Seigneur. Il vient cheminer avec eux. Le voici au cœur de leur angoisse et de leur doute.

« Et voici que, ce même jour, deux d’entre eux se rendaient à un bourg situé à (cent) soixante stades de Jérusalem, nommé Emmaüs. Et ils devisaient entre eux sur tout ce qui s’était passé. Et il advint, pendant qu’ils devisaient et raisonnaient ensemble, que Jésus Lui aussi, les ayant rejoints, cheminait avec eux »

Cléophas et son compagnon discutent et raisonnent sur les événements. La dimension de la foi leur échappe. D’ailleurs ils ne reconnaissent même pas Jésus, et dans leur état d’esprit, ils ne peuvent pas le reconnaître.

Ils sont au stade du Messie terrestre et triomphant, et raisonnent à perte de vue sur les intrigues et les menées politiques des ennemis du prophète.

L’entrée de Dieu chez l’homme, par la mort et la souffrance, leur échappe totalement.

« Mais leurs yeux étaient empêchés de la reconnaître »

Jésus va les provoquer.

« Il leur dit : quels sont donc ces propos que vous échangez entre vous, en marchant ? Et ils s’arrêtèrent attristés »

La mort de Jésus les a vraiment bouleversés.

« Es-tu donc le seul de passage à Jérusalem et qui ne sache pas ce qui s’y est passé ces jours-ci ? Il leur dit : quoi dont ? Ils lui dirent : ce qui concernent Jésus de Nazareth, homme qui fut un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, et comment nos grands Prêtres et nos magistrats l’ont livré pour être condamné à mort et L’ont crucifié ! »

Qu’il est difficile à nos volontés et à nos libertés de croire au Messie souffrant tant nous imaginons toujours un Messie magique qui nous sauverait en dehors de ce que nous sommes, des êtres fragiles et mortels. D’où cette parole si forte pour nous tous, adressée par Jésus à ses amis sur la route d’Emmaüs :

« Oh ! (Que vous êtes) peu clairvoyants ! Et que votre cœur est donc lent à croire à tout ce qu’ont dit les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela et entrât ainsi dans sa gloire ? Et commençant par Moïse et tous les prophètes Il leur interpréta ce qui Le concernait dans toutes les Ecritures ».

Avec Lui, les Ecritures s’ouvrent sur la grande espérance de l’homme. Encore une fois, Dieu ne nous sauve pas d’une manière magique. Il nous crée mortels et fragiles, mais Il nous rejoint en Jésus dans la souffrance de notre condition.

Jésus vit ce que nous vivons en acceptant ce que le Père a voulu pour nous, en son amour, dans la création. Chemin de sa propre gloire et de la nôtre, dans sa résurrection.

« Et Ils approchèrent du bourg où ils allaient. Et Lui fit semblant d’aller plus loin. Et ils Le pressèrent avec insistance, disant : reste avec nous, car le soir vient et le jour est déjà sur son déclin. Et Il entra pour rester avec eux. Et il advint qu’après s’être mis à table avec eux, prenant le pain, Il bénit Dieu et l’ayant rompu, Il le leur donnait. Leurs yeux s’ouvrirent ; et ils Le reconnurent. Et Lui disparut d’auprès d’eux. »

Les gestes de son amitié, dans cette auberge d’Emmaüs, sont significatifs. Il nous rapporte le Pain de la Vie. Il nous le rompt et nous le donne, de la part de Dieu,et son amitié nous convie à sa propre table. Mais à notre foi de retrouver ces gestes dans la table eucharistique. Le pain rompu,l’espace d’un éclair, nous ouvre les yeux pour reconnaître Jésus. Qui, hormis Dieu, pourrait inventer de telles choses ? C’est dans la foi, la foi seule, que cette rencontre arrive.

« Et se levant à l’heure même, ils retournèrent à Jérusalem. Et ils trouvèrent réunis les Onze et leurs compagnons qui leur dirent : le Seigneur est vraiment ressuscité et est apparu à Simon. Et eux-mêmes racontèrent ce qui s’était passé dans le chemin et comment Il avait été reconnu à la fraction du pain. »

Geste inouï qui bouleverse encore tant d’hommes et de femmes de par le monde.

Père Gabriel